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Exposition Liaisons Africaines à Paris

« Liaisons Africaines : Pino Pascali, Franck Lundangi, les emblèmes Ejagham et les aphorismes d'Eric Chevillard »

Exposition du 21 mars 2005 au 13 août 2005


« Liaisons africaines » ou l'impossibilité de penser l'art occidental sans les relations artistiques qu'il entretient avec le continent africain. Dans sa préface à L'art de l'Ouest africain, berceau nègre, en 1966, L.S Senghor commentait ainsi cette ouverture à l'aura mythique des arts dits premiers : « En entrant dans l'univers de l'art nègre, le voyageur ne découvre pas un nouveau monde qui ne pourrait que rétrécir son univers, mais il découvre dans celui-ci un nouveau domaine merveilleux dont un homme comme lui, un frère noir, lui remet la clef. Cette clef, c'est l'esthétique négro africaine, mieux : la saisie nègre de l'univers. C'est un nouveau sens qui lui permet de regarder autour de lui avec des yeux neufs, de faire surgir des spectacles les plus quotidiens, les plus banals, les plus connus, moins peut-être une vision qu'un rythme nouveau, une manière plus vivante de vivre les choses ».
Autour des emblèmes rituels Ejagham, les 'oeuvres de Pino Pascali et de Franck Lundangi, ponctuées d'aphorismes d'Eric Chevillard, continuent de maintenir ce dialogue nourri des valeurs formelles de l'art traditionnel africain et du principe spirituel et magique du chamanisme qui en est le fondement même.
Les hommes, les animaux, les aléas de la vie de village, sont les thèmes de prédilection de Franck Lundangi, sa mémoire personnelle. Les couleurs chaudes et généreuses, le jeu des vides et des pleins, le dessin élégant, précis et léger semblent obéir à un enjeu plus profond, reliant chaque image à une histoire ancestrale, celle des mythes collectifs et anciens qui donne un sens à la communauté. C'est à cet univers que fait écho les peintures sur photographies de Pino Pascali réalisées en 1964 et 1965 dans le cadre d'un film sur l'Afrique pour la télévision italienne. Réalistes ou stylisées, elles témoignent, comme l'annonçait Malraux du jour où l'Afrique a fait sauter le vieux domaine de références pour ouvrir les portes à tout ce qui avait été l'immense domaine de l'au-delà ? ce jour où l'Afrique est entrée de façon triomphale dans le domaine artistique de l'humanité.
Non pas que l'Afrique ait imposé sa magie : les Ejagham, emblèmes d'initiation de la société Ekpe, dédiés au culte de l'esprit du léopard (Nigéria - Cameroun) n'ont pas de vertus magiques pour nous ; mais ils nous fascinent autant par leur dimension symbolique que par leur construction chargée et harmonieuse.
L'Afrique ne se livre pas entièrement. Elle ne veut pas être exotique. Le poète y veille, jouant avec humour et légèreté de nos logiques absurdes. « Je ne me suis pas gêné pour dire au tigre qu'il n'avait rien à faire dans la savane africaine. Toi non plus, m'a-t-il seulement répondu en poursuivant mon dépeçage », Eric Chevillard.

Contact Presse : Olga Caldas


Cet news a été postée par Halle Saint Pierre {communication@hallesaintpierre.org} le 01/04/2005